French Version of the Long Letter
Objet : Le poids des brevets logiciel en Europe : la battaille pourrait être perdue dans quelques semaines
Cher confrère,
Nous, sous-signés,sommes des dirigeants de sociétés profondément inquiets de la situation au Parlement européen en ce qui concerne la directive sur les brevets logiciels. La pression des lobbies demandant des brevets logiciels est si écrasante qu'à moins que nous ne passions sérieusement à l'action, notre cause pourrait être perdue dans un délai de trois à quatre semaines. Presque quotidiennement, des eurodéputés qui s'étaient auparavant opposés aux brevets logiciels sont poursuivis par des lobbies et le mois de mai qui arrive est celui dans lequel la plupart des opinions au Parlement seront prises, bien avant que la seconde lecture, prévue pour début juillet, ne se tienne.
Nos inquiétudes proviennent de faits établis et s'appuient sur des remarques rapportées par des personnes au sein du Parlement. Jeudi dernier s'est tenu le premier débat de la commission des affaires juridiques pour cette seconde lecture. Michel Rocard, ancien premier ministre français, a le rôle du rapporteur sur cette directive pour le Parlement européen. Il dirige un groupe d'eurodéputés soutenant de notre cause mais faisant face à une opposition acharnée de la part de nombreux de leurs confrères, particulièrement dans le camp des conservateurs, mais hélas également parmi les libéraux et les responsables politiques du centre-gauche.
M. Rocard lui-même a déclaré lors de son intervention que les efforts des lobbies des grandes multinationales étaient incroyablement intenses. Constrastant avec ceci, un allié au sein du Parlement a rapporté que les critiques des brevets logiciels étaient « non existants » en terme de lobbying. La FFII ne dispose que d'une seule personne à plein temps à Bruxelles pour assurer le suivi du travail avec l'ensemble du Parlement. Avec 732 eurodéputés et des milliers d'attachés parlementaires, ceci équivaut presque à une absence totale. Les forces pro-brevets ont des dizaines de lobbies disponibles et nombre d'entre eux ont des talents aguerris. Ils font chaque jour le tour des eurodéputés, dans tous les couloirs du Parlement, afin de répendre leur désinformation.
Nous n'avons aucun doute : le Parlement européen serait plus que désireux d'aider la vaste majorité des petites et moyennes entreprises et de les préserver des brevets logiciels. La plupart des eurodéputés sont honnêtes et œuvrent sincérement pour prendre les bonnes décision. Mais cela est plus facile à dire qu'à faire lorsque la question est si spécifique, complexe et ésothérique pour le commun des mortels. La complexité du problème en fait un terrain de jeu idéal pour les lobbies. Nous ne pouvons pas blâmer les eurodéputés s'ils se font convaincre par de la désinformation, à moins que nous ne dépensions du temps et de l'argent afin de leur présenter les faits de manière persuisive et intelligible.
Nous ne pouvons espérer que nos alliés au Parlement ne rassemblent une majorité si les entreprises les laissent tomber et ne font pas l'effort de lobby nécessaire. Nous perdrons si le seul groupe que les parlementaires voient se battre contre la brevets logiciels est la « communauté des enragés du logiciel libre » ou des activistes perçus à tort comme faisant partie d'un « mouvement s'opposant à la profitabilité des entreprises ». Où sont les entreprises ? Où sont les lobbies exposant aux eurodéputés les inquiétudes que nous avons sur les brevets logiciels ? Dans le débat de jeudi, un eurodéputé du centre-gauche a même confié que « l'économie tout entière voulaient de ces brevets ». Ceci est complètement faux, mais le fait que quelqu'un puisse le dire est en soi un signe d'échec.
Beaucoup pensent qu'une lettre ponctuelle à leur parlementaire suffit. Ce n'est pas le cas. Ce qui importe vraiment est celui qui parvient à délivrer le bon message, lors d'une rencontre face à face. Nous devons fournir à la FFII les ressources financières lui permettant d'assurer une présence conséquente au Parlement.
Nous devons placer notre argent là où notre voix peut se faire entendre. La politique, parmis d'autres choses, est une affaire d'argent. Si l'on ne dépense pas d'argent là-dessus, comment peut-on espérer que les eurodéputés soient convaincus que les brevets logiciels sont une menace cruciale pour les entreprises ?
Typiquement, la plupart de notre industrie est aujourd'hui en procès, mais où sont les professionels qui la défendent ? Les entreprises ont aujourd'hui une chance de se défendre elles-mêmes contre des dizaines de milliers de brevets en une seule fois.
Ceci est la dernière chance pour que les entreprises se parlent entre elles, et en ce qui concerne la FFII, de soutenir de manière adéquate la lutte contre les brevets logiciels.
Nous nous adressons à tous les décideurs : oui, nous pouvons tous être habiles, performants économiquement et concentrés sur notre activité si nous nous appuyons sur des activistes bénévoles plutôt qu'en dépensant notre propre temps et notre propre argent. Seulement, nous perdrons la bataille. Soyons tous conscients que les forces pro-brevets dépensent plusieurs millions sur ce sujet. Il s'agit pour eux d'un investissement stratégique. Une fois qu'ils auront gagné, ils laisseront le reste de l'industrie payer la facture. À chacun d'entre nous.
Si vous n'êtes pas vous même un décideur, parlez-en au sein de votre propre entreprise. Lancez la discussion dès maintenant. Dans quelques semaines, cela pourait être trop tard si nous n'agissons pas promptement et énergiquement.
Merci de nous rejoindre et de vous inscrire sur www.economic-majority.com.
PS : Pourriez-vous transmettre cet appel à vos confrères et obtenir leur accord pour être publiquement cités comme signataire ? Pouvons-nous vous lister publiquement ? Nous souhaitons lancer www.economic-majority.com demain. Il s'agit d'une des dernières action de cette envergure qui vaillent la peine de passer quelques heures de votre temps aujourd'hui, et l'une dont le succès déterminera si oui ou non nous pouvons renverser la tendance.